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Lycées, Formation pro, Université, Recherche

ALLIANCE DE L’UNIVERSITE RHÔNE-ALPES (AURA)

Cette communication vise à établir la nature des relations entre la collectivité que nous représentons et l'université réorganisée dans le cadre de la loi dite Fioraso. Nous voudrions commencer par deux remarques : la première est que nous continuons de considérer comme une anomalie le fait qu'il n'y ait pas une vice-présidence enseignement supérieur/recherche/vie étudiante. Distinguer ces trois thématiques constitue pour nous un précédent fâcheux, d'autant plus quand on réclame des responsabilités en la matière. Fâcheux également, nous le redisons, lorsque le rattachement de la recherche se fait à l'économie, ce qui accentue son instrumentalisation. Or, attachés à l'innovation qui devient une sorte de fétiche, vous devriez savoir qu'on trouve ce que l'on ne sait pas chercher... La ligne directrice LRU prolongée par la loi Fioraso est toujours la même : instrumentaliser l'enseignement supérieur et la recherche au nom du court terme. Cette affaire de structuration des universités RA –structuration est d'ailleurs un terme trop fort, cette recherche de discussion et de coopération - est une affaire ancienne qui a rebondit plusieurs fois au cours de ce mandat. Lors de la campagne électorale de 2010, le FDG avait d'ailleurs imaginé une conférence universitaire, dont le principe avait été validé je crois par Thierry Philippe. Cette conférence aurait permis de représenter l'ensemble de la communauté universitaire, dans toutes ses dimensions, les enseignants-chercheurs et les étudiants en particulier. Cela nous aurait permis de nous doter d'un cadre de dialogue et de coopération entre établissements. Mais là bien sûr je crois que chacun a compris le danger que cela pouvait représenter : de la coopération plutôt que de la concurrence entre établissements... Nous aurions également pu disposer d'un outil de concertation peut-être un peu plus efficace. Alors les chiffres varient : nous avons lu dans le présent rapport que 300 personnes avaient participé à 16 réunions, ce qui fait 18,75 personnes par réunion, ce qui parait peu mais d'autres arguments ont été avancés, peut-être clarifiez-vous cet aspect des choses.

Il nous paraissait important et salutaire de se doter d'un cadre plus respectueux de la place de chacun et de l'ensemble des composantes de la communauté universitaire. Et le fait de contractualiser, exclusivement dans le cadre légal tel qu'il se développe aujourd'hui, donc de façon unique avec les établissements, risque de voir se reproduire le même rapport de force défavorable à l'égard des sciences humaines et sociales. Notre proposition de conférence universitaire remettait un peu les différentes composantes de l'université française à égalité, et peut-être par ce biais là, aurions-nous pu espérer que les sciences humaines et sociales soient davantage reconnues.

Enfin, force est de constater qu'un certain nombre d'universitaires, pour ne pas dire la majorité, sont opposés au type d'organisation proposé par la loi Fioraso, considérant –de mon point de vue, à juste titre - qu'elle est trop en continuité avec LRU.

Evidemment on peut se féliciter de l'engagement de RA, la contractualisation volontaire avec les établissements, les bourses de mobilité, les allocations doctorales, tout ça est quelque chose qui est extrêmement positif.

Mais le fait que la Région RA soit le premier contributeur vis-à-vis de l'enseignement supérieur est un peu inquiétant. Pare qu'en creux, on retrouve l'indigence des politiques gouvernementales qui n'ont comme horizon que l'austérité.

Trois remarques pour terminer. Dans le cadre de la réforme territoriale et de la montée en puissance des métropoles, l'affirmation de la Région comme chef de file sur ces questions peut paraître sympathique. Même si aujourd'hui le cadre national des diplômes, le statut des agents, des étudiants, restent effectivement nationaux, cette montée en puissance peut nous interroger. Incontestablement elle augmentera les inégalités entre les Régions, en particulier en termes d'accès et de développement de l'enseignement supérieur. Nous le regrettons. On ne peut pas construire la république sur des inégalités territoriales qui vont sans cesse en s'accroissant.

Enfin il nous parait illusoire, -ou tout au moins il faudrait prendre le temps de traiter sérieusement cette question – d'imaginer corréler directement les formations et les débouchés en emploi. La moins mauvaise des protections contre le chômage reste une formation initiale généraliste et solide.

Sur la dimension internationale, même si nous apprécions l'ambition de la Région RA, c'est avec un peu de surprise que nous découvrons que la Région RA était susceptible d'apporter son soutien aux universités de Suisse, de Shanghai évidemment, du Québec et de la Pennsylvanie. Je pense que ce n'est pas tout-à-fait cela que nous souhaitions écrire, et ce qui est certain c'est que notre groupe a des attentes importantes sur ce passage qui traite des actions de la coopération décentralisée.


Elisa Martin - Communication sur l'alliance de... par Frontdegauche-Rhonealpes