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Organisation Générale, Finance

Budget Primitif 2015

Nous vivons aujourd'hui un moment particulier parce que c'est le dernier budget de notre mandat, que c'est la dernière fois avant la fusion avec Auvergne que nous serons dans cette configuration, fusion avec l'Auvergne qu'il faut bien évidemment préparer dans une situation où, c'est vrai il faut bien le reconnaître, nous avons bien du mal à voir comment cette réforme se déplorera. Peut-être faut-il arrêter de mettre des pansements sur des jambes de bois comme on dit parfois et sans nul doute faudrait-il remettre l'ouvrage sur le métier et revoir de fond en comble nos institutions, leur assise fiscale qui vise à la répartition des richesses, bref je vise la Sixième République mais ce n'est pas ici que nous prendrions de telles décisions pourtant nécessaire.

C'est la dernière fois aussi que nous connaitrons des débats dans cette configuration là. Ces débats sont publics dans notre assemblée et c'est donc par le traitement des amendements – assez nombreux – qui démontreront aux citoyens qui nous regardent les enjeux que l'assemblée régionale veut porter.

Peut-être aussi est-ce le moment de fixer ce qui doit être réalisé d'ici la fin du mandat et bien évidamment nous trouverons trace de cela au travers de l'instruction des amendements. Je vais me permettre une petite incise pour vous dire que nous sommes heureux, le groupe du front de gauche, d'avoir contribué à faire bouger un certain nombre de politique. D'avoir souvent dit, aussi, ce que nous avions à dire en toute franchise et d'une certaine en toute amitié vis-à-vis des autres groupes de gauche. Donc nous sommes heureux de cela.

Tout ceci étant dit revenons-en à la question de l'équilibre.

D'abord les recettes : ce que nous pouvons dire c'est que le transfert des crédits européen (25M€) à permit d'amortir le choc de la baisse des dotations. Politique mortifère, absurde qui nous mène dans le mur et qui est conduite par le Gouvernement. Pourtant démonstration a été ici comme ailleurs que nous ne faisions que rentrer dans une logique de cercle vicieux qui nous amène à des conséquences absolument catastrophiques, très concrètes et cette attaque, d'une certaine manière, forte, frontale envers les collectivités locales je pense que nous n'en mesurons pas encore toutes les conséquences et qu'elles sont devant nous. Moins d'investissement public, moins de service public donc moins d'égalité et moins de protection pour tous : cela ne fera qu'aggraver encore, encore et encore – comme si on n'arrivait pas à voir jusqu'à quel point on pourrait descendre – et aggraver encore le chômage et la pauvreté, cercle vicieux je le disais à l'instant.

Au fond après tous les événements que notre malheureux pays a connu et connait encore en ce début d'année – dont on ne mesure pas là aussi toutes les conséquences – nous aurions envie de dire au Front de Gauche que c'est bien de dire qu'il faut parler de république mais que le mieux et le plus efficace c'est de faire République. Mais sans argent pour les politiques publics cette affaire devient terriblement compliquée.

Pour dire et redire cela, pour marquer notre opposition nous ne voterons pas le volet recette du budget.

Maintenant pour ce qui concerne le budget en lui-même je le disais à l'instant les crédits européens tombent à pic, permettent de limiter la casse, permettent de soutenir voir de continuer à développer un certain nombre de politique. Prenons cela comme un fait positif et, ma foi, cultivons-le comme tel. C'est ce qui nous permet de maintenir un certain nombre de politique qui relèvent de la solidarité au sens large. Je pense notamment à la question de l'éducation, de la formation initiale et des lycées en particulier mais aussi naturellement à la question de la formation professionnelle. Et sans nul doute pouvons-nous reconnaitre aussi que la question écologique à plutôt avancée même si ce n'est jamais suffisant tant l'urgence est là et tant la grande bifurcation est nécessaire et par la même, de part son ampleur, compliqué à construire.

C'est le principe de l'instruction budgétaire, nous allons vivre 1,5 jours, ensemble, où nous allons examiner tour à tour l'ensemble des amendements et nous verrons bien où, collectivement, nous atterrissons. Donc prenons le temps de vivre ces moments là les uns après les autres.

Toutefois d'or et déjà nous voulons attirer l'attention sur deux aspects.

D'abord le fond d'aide régional à la restauration pour les lycéens qui est absolument nécessaire aujourd'hui. Nous savons tous qu'un certain nombre de nos jeunes ne peuvent pas accéder à un repas pour des raisons tout simplement pécuniaires. Que l'on ne compense pas la baisse de l'Etat que voulez-vous... comme ça baisse de partout et dans tous les sens on peut l'entendre mais que nous soyons susceptible, quand même, nous Région Rhône-Alpes de maintenir ce fond au niveau auquel il était ne serait-ce que l'année dernière (ce qui induit une baisse on le sait tous car il y a eu un tout petit peu d'inflation) nous parait être le minimum syndical.

La culture aussi pour lequel il faut quand même que nous soyons en cohérence entre nos paroles et nos actes. La culture – quoi qu'en pensent les élus du Front National – c'est l'ouverture au monde, c'est l'esprit critique. C'est surtout faire valoir que le réel peut être vu sous des angles différents, et qu'il peut y avoir une forme de relativisme [protestation du FN] et nous l'assumons sans aucune difficulté je vous renvoie à toutes les déclarations que nous avons faites. Cela prouve que nous on est courageux. Bref, faire valoir au travers de la Culture que le réel n'est pas unique et que la pensée n'est pas monolithique. Ce n'est quand même pas bien sérieux à partir de là de baisser les budgets de la culture et nous attendons, c'est essentiel pour nous, que cela soit réparé au plus vite.

Au cours des débats nous aurons à discutter de la légitimité de la dette aussi. Depuis dimanche avec la victoire de Siriza tout le monde comprend ce que cela veut dire : les peuples contestent d'avoir à se serrer la ceinture au nom des profits des banques, à renoncer à leur protection social, à leur salaire, à leur service public. La contestation populaire fait irruption. Cela nous va bien et nous verrons bien comment notre amendement sera traité dans nos débats.

Même si c'est modeste nous pensons que nous que nous pouvons montrer au travers de nos politiques et donc de notre budget que nous pouvons donner des signes même modestes d'une mutation économique nécessaire, profonde via la relocalisation, l'ESS caractérisée par son utilité sociale, le respect de l'environnement et bien évidemment la place donnée au salarié au sein de ses entreprises. Là aussi nous verrons bien mais cette question à valeur de test.

Nos débats sont finalement le reflet de la vie politique française : s'y oppose la lumière et l'obscurité, l'avenir et le recroquevillement sur soi, la fraternité et la haine. Je pense que nous devons prendre cela avec serieux et l'intérêt si je puis dire ici c'est que les masques tombent et qu'un certain nombre de choses sont écrites de manière tout à fait explicite. Ainsi si j'étais – mais je ne le suis pas j'en serais très fier – une institutrice qui parlerait à ces élèves de CM2 pour leur expliquer que non mes enfants il n'existe pas de race au sein de l'humanité, il existe une seul humanité lié à un seul et unique écosystème. Ainsi dans la lutte contre les discriminations il n'est pas de race [en référence à un amendent du FN]. Nous tenons ici à le dire, chacun aura à s'expliquer sur les raisons pour lesquels il aborde de cette manière les choses. Faire valoir aujourd'hui que les crises profondes que nous traversons ne sont pas liées à l'Autre, à la différence mais bien liées à la nature du capitalisme transnational et financier, à l'explosion des inégalités, au fait que les peuples ne peuvent plus peser sur le destin.

Voilà où est le danger et la réponse n'est pas le choc des civilisations mais la République sociale et Universelle et croyez-moi toujours, toujours vous nous recroiserez sur votre chemin.