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PLAN DE SAUVEGARDE D’ERAI

Monsieur Le Président, Monsieur le vice Président, Mes chers collègues,

En janvier dernier, nos collègues de la droite ont voté contre le projet de fusion ERAI-ARDI et puis le 6 mars contre le financement d'une subvention à ERAI, privant l'agence de l'essentiel de ses ressources, la conduisant à la cessation de paiement, pour aboutir au redressement judiciaire.

Je pose aujourd'hui la question : allez-vous voter aussi contre ce projet de reprise d'une partie d'ERAI par ARDI, contribuant ainsi à la liquidation de cet outil et au licenciement de ses 220 salariés ?

Cette question est tout de même légitime, car je vous le dis : ERAI, c'est vous ! C'est un président de droite, Charles BERAUDIER qui a créé cette agence, sous la forme associative, qui lui a donné une grande autonomie au point que la région ne savait plus trop ce qui s'y passait tout en lui assurant un financement largement majoritaire. C'est un président de droite, Charles MILLION, qui l'a développée et en a fait un quasi modèle... mais quel modèle !

Le qualifier d'ultra libéral est encore faible. En l'occurrence, l'adage a été pendant toutes ces années : « qui paie ne décide pas ».

Aujourd'hui, la situation d'ERAI est évidemment catastrophique !

Le passif se monte à 8 millions d'€, dont 4 dans les filiales. La logique qui préside aux destinées d'ERAI est une logique avant tout marchande et libérale, assez loin semble-t-il de son objectif d'origine d'accompagnement des PME rhônalpines vers l'international.

Deux faits, assez graves, en attestent :

- l'existence d'une agence à Dubaï avec 25 salariés ! 25 salariés c'est 11 % des effectifs totaux et c'est 28 % des expatriés, 27 % des 27 filiales ! Quand aurons-nous le bilan et l'évaluation de l'activité de cette filiale ?

- l'autre fait tient à l'absence de frontière entre le privé et le public, ce qui a conduit ERAI à favoriser un grand pays outre atlantique que je ne citerai pas pour s'en servir comme tremplin pour s'implanter.

Ces faits montrent la dérive capitaliste d'ERAI, sans véritable contrôle du Conseil régional et sous la houlette exclusive du patronat qui s'est révélé piètre gestionnaire

C'est un des problèmes sérieux de ce dossier. Là encore, nos collègues de la droite semblent élever des cris d'orfraie à propos de cette situation. Mais vous êtes CONTRE le contrôle des fonds publics des entreprises il me semble et là, il s'agit bien de cela !

Oui, vous avez voté contre la loi de contrôle des fonds publics et vous avez voté contre la commission SUEVAL mise en place par la région. D'ailleurs cela vous intéresse tellement que vous n'y avez pratiquement jamais mis les pieds.

Aujourd'hui , la question posée est double : accepte-t-on sans barguigner 220 licenciements , en votant contre ce rapport , ou bien votons-nous ce rapport pour sauver une partie de l'activité et des effectifs d'ERAI , en commençant à discuter avec le repreneur, ARDI, c'est à dire quasiment la région qui le finance à 100 % en faveur d'une autre orientation générale , en particulier des filiales reprises, des pays choisis dans une politique de coopération et d'emplois et pas dans la logique capitaliste de la guerre économique mondialisée ?

Il faut pour cela, séparer strictement le privé (le marchand) du public (non marchand) ; demander des comptes tous les mois à la nouvelle structure ; revoir sa gouvernance au sein de son conseil d'administration ; et surtout définir un projet avec ARDI co-élaboré avec l'ensemble des élus régionaux dans le sens que je viens d'esquisser.

En agissant ainsi nous n'injurierons pas l'avenir, nous laisserons ouvert le débat qui va s'ouvrir à l'occasion des élections régionales, sur l'existence et l'utilité d'un outil au service d'une politique internationale en faveur des rhônalpins et du développement, sous la responsabilité d'une seule et même vice présidence.

Monsieur le Président, Monsieur le vice Président notre groupe est prêt à voter ce rapport, parce que nous sommes d'abord préoccupés par le sort des salariés, plus de 200 femmes et hommes.

Toutefois avant d'engager plus de 4 millions € nous attendons quelques assurances :

- la première concerne évidemment la sauvegarde des emplois d'ERAI ? Le rapport et la présentation d'ARDI en commission n'évoquent que 23 postes. Avant d'engager 4 millions € nous demandons la garantie que la majorité des emplois sera repris dans le projet ARDI. Si nous avons cet engagement nous voterons favorablement.

- la deuxième concerne la direction de l'ARDI. Nous demandons que celle-ci soit révisée pour une maîtrise par la représentation démocratique, par la Région. Si nous avons cet engagement nous voterons favorablement.

- La troisième concerne le projet de développement à l'international. Garantissez nous que celui-ci sera déterminé par le Conseil régional et nous voterons favorablement.

Nous attendons vos réponses avant de nous prononcer.

Je vous en remercie par avance.


Gilles Ravache - Accompagnements des... par Frontdegauche-Rhonealpes