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Tourisme, Montagne, Agriculture

POLITIQUE REGIONALE DE SOUTIEN A L’AUTONOMIE ALIMENTAIRE DES ELEVAGES

Les éleveurs rhonalpins, comme les agriculteurs de nombreux territoires en France, sont pris entre deux feux : d'un côté le rouleau compresseur de la spéculation sur les matières premières et les produits alimentaires et de l'autre, la dérégulation libérale du secteur avec une PAC qui n'est plus en capacité de répondre aux difficultés du monde agricole. Depuis des années, les politiques européennes favorisent une agriculture intensive qui bénéficient aux plus grands exploitants et ne permet plus de faire face aux enjeux actuels d'une agriculture vivrière, paysanne, bio et locale. S'ajoute à cela les nouvelles contraintes liées aux enjeux environnementaux : le changement climatique avec ses conséquences entre autres sur la multiplication des aléas et la sécheresse et la présence des OGM à laquelle il devient de plus en plus compliqué d'échapper, puisque nous importons principalement le pays producteur d'OGM. Résultat, le nombre d'éleveurs ne cesse de reculer, les déséquilibres territoriaux et environnementaux s'aggravent, la dynamique socio-économique rurale se désagrège.

Aujourd'hui, le maintien de l'emploi paysan, la production d'une alimentation saine et locale et la souveraineté alimentaire restent des défis à relever, au profit des populations, consommateurs comme agriculteurs.

C'est ce que nous propose de faire la délibération qui nous est présentée aujourd'hui, à l'échelle de la Région Rhône-Alpes. En effet, nous y actons d'œuvrer à l'indépendance des éleveurs vis-à-vis des importations de matières premières et à l'amélioration de leur revenu. Nous approuvons totalement cette volonté de la Région de favoriser un approvisionnement de proximité des matières premières pour l'alimentation des animaux qui passe donc par une relocalisation de l'économie dont la transformation des matières premières en région, et par le rapprochement de l'offre et de la demande. La relocalisation des productions est ainsi partie intégrante de la transition écologique de l'agriculture. Le rapprochement géographique des activités agricoles et d'élevage en constitue un élément important.

Pour sécuriser le revenu des éleveurs, il faut une contractualisation avec les autres acteurs de la filière : aujourd'hui les éleveurs sont pris entre les industriels producteurs de nutrition animale et les distributeurs qui refusent de relever leur prix d'achat alors qu'ils prélèvent des marges inacceptables. C'est la libéralisation de l'agriculture qui a engendré une baisse des prix payés aux producteurs et une dépendance encore accrue vis-à-vis de l'industrie agroalimentaire et de la grande distribution. Réforme après réforme, l'Union Européenne a sacrifié la préférence communautaire et abandonné la régulation des prix et des marchés, au nom de la « compétitivité sur le marché mondial ». Elle a ainsi favorisé une concentration encore accrue des outils de production et de la propriété, rendu très difficile l'accès aux jeunes au métier d'agriculteur, généré la perte de savoir-faire traditionnels et une expansion du modèle agricole productiviste, aux dépens de l'environnement, de la qualité des produits et de la santé publique.

Nous portons au contraire au Front de Gauche le principe, au niveau européen d'un plan de relocalisation de la production de protéines végétales et de reconquête de l'indépendance protéique de l'Europe, incluant une protection contre les importations de soja, un prix de marché intérieur minimum des protéagineux favorisant le développement de leur production et un encouragement à la consommation de protéines végétales.

Cette délibération s'inscrit dans la même logique de coopération qui avait guidé l'action régionale lors de l'adoption d'une délibération en faveur des éleveurs touchés par la sécheresse à l'été 2011. Mais nous allons ici plus loin avec une approche plus structurelle de notre intervention à la fois volontariste et à rebours des politiques libérales mises en place à l'échelon européen. Nous nous en félicitons et souhaitons poursuivre une politique de soutien et de régulation qui contribue à la pérennisation de notre action.

Nous en reparlerons à l'occasion de vœu de l'exécutif sur les quotas laitiers.